Car ce soir Nicolas Sarkozy n'a pu faire oublier :

- qu'il est le président de la République avec la côte de popularité la plus basse que la Ve République ait jamais connue - 33 % d'opinions positives seulement ;

- l'affaire d'évasion fiscale de Liliane Bettecourt, les dérives en tous genres de ses ministres (cigares, logements de fonction, vols en jets privés, émoluments et cumuls de fonction scandaleux) jettent l'opprobre sur le gouvernement tout entier ;

- les 4 millions de français inscrits au Pôle Emploi (Outre-mer comprise) ne peuvent plus s'accommoder de vaines promesses d'un taux de chômage à 5 % ;

- que la dette publique de l'État atteint des records depuis qu'il est président avec 80,3 % du produit intérieur brut et que les profits privés explosent sans que cela bénéficie à la reprise économique;

- la suppression d'ici à 2013 de 100 000 postes de fonctionnaires porte un coup fatal aux services publics de proximité (dont 10 000 policiers et gendarmes - à l'instar de ce qui se passe dans le Cher - alors que Nicolas Sarkozy ne cesse de promettre plus de sécurité !) ;

- que les dépenses de fonctionnement de l'Élysée sont passées de 30 millions à 114 millions d'euros depuis que Nicolas Sarkozy a pris ses fonctions et qu'il serait prudent de sa part de ne pas faire la leçon en la matière (notamment aux collectivités territoriales dont les comptes sont obligatoirement équilibrés chaque année !);

- l'Airbus personnel qu'il vient de commander, entièrement relooké pour un total de 176 millions d'euros est un camouflet de plus jeté à la figure de nos concitoyens à qui l'on demande de se serrer la ceinture... en attendant la retraite à 65 ans ;

- que la "transparence" dont il se targue ne doit pas se résumer à nommer à des postes clés ses affidés (de son fils Jean à l'EPA de la Défense, en passant par Henri Proglio à EDF et Véolia environnement ou Philippe Courroye procureur au parquet de Nanterre) tout en prétendant agir dans l'intérêt des français.

Bien qu'il s'en défende, Nicolas Sarkozy est surtout le président d'un système en bout de course, dont Éric Woerth est un pilier à l'évidence fragilisé. Pas étonnant dès lors que le roi descende dans l'arène pour défendre son cavalier.