En 9 ans le déficit de la Sécurité sociale est passé de 2,1 milliards à 17 milliards d’euros, dans un contexte où la dette publique s’envole pour atteindre des sommets avec 1428 milliards d’euros. Preuve s’il en était de l’efficacité de l’UMP en matière de gestion budgétaire…

On le sait, l'essentiel du financement de l'activité des hôpitaux (plus de 50 milliards d’euros) provient de l'assurance maladie, branche la plus déficitaire de la Sécurité sociale. Pour résoudre le nœud gordien des déficits publics, l’UMP ne connaît qu’une méthode budgétaire à l’instar de la Loi “Hôpital, patients, santé, territoires” (ou loi Bachelot) de novembre dernier : appliquer au public les règles du privé. Pour combler les 350 millions d’euros de déficit des hôpitaux, la première variable d’ajustement est en effet toujours la même : les suppressions de postes.

Mais, en matière de santé publique, cette politique est inacceptable car elle entraîne une dégradation de l’accès et de la qualité des soins. Il y a quelques mois Patrick Pelloux, emblématique représentant des médecins urgentistes, rappelait qu’en dix ans, 100 000 lits avaient été supprimés et que 20 000 suppressions de postes étaient déjà en cours.

Avec plus de 4500 salariés dans le Cher, l’hôpital public est le premier employeur (si l’on tient compte des effectifs du Centre hospitalier Jacques Cœur et du Centre hospitalier spécialisé de Bourges, et des deux centres hospitaliers de Vierzon et de Saint-Amand-Montrond).

Comme partout en France, ces centres assurent 80 % des urgences, soignent tous les patients quels que soient leurs moyens et la gravité de leurs affections. Dans le Cher, département touché par la désertification médicale et le vieillissement de la population, les hôpitaux publics constituent les derniers remparts pour la dignité humaine. Des remparts qu'il faut préserver à tout prix contre la politique de l'UMP.

On le sait, les convictions qui animent la Droite se fondent sur un principe simple : le salut individuel prime l’intérêt général. Ce principe guide les choix budgétaires de l’UMP depuis 2002, et a pris un virage radical depuis l’élection de Sarkozy. D’un côté des mesures qui profitent à une minorité (15 milliards d’euros par an aux plus riches au titre du bouclier fiscal), de l’autre des finances publiques qui ne cessent de dégrader les conditions de vie de la majorité des Français. Sur fond d’élections régionales, l’entame de 2010 est celle où nous devons plus que jamais nous interroger sur notre avenir collectif, autrement dit sur ce que nous sommes prêts à mettre en commun ou pas. À ce titre, la pérennité de l’hôpital public, de l’assurance maladie, et de la Sécurité sociale reste la condition sine qua non de notre bien-être collectif.